mardi 25 juillet 2006

Vive le naturel

Je viens de retrouver ce texte que j'ai écrit en juillet 2005 quand je bossais au luxembourg. Ce n'est pas du grand art, mais un an après il me fait encore sourire.

Il y a pas mal de gens qui font rire. Qui me font rire.
Prenez, par exemple, ceux qui sont venus manger, ce midi, dans cette sorte de cantine améliorée.
Face à moi, trois personnes. Un homme et une femme de chaque côté.
C'est sur la femme à sa droite que se porte toute mon attention. (Celle qui ne manquera pas de vous faire sourire).
Quinquagénaire - je suppose - qui refuse de vieillir - une de plus.
Tout de blanc vêtue, elle porte une jupe dentelée et fendue. Fendue..., fendue... Ah, voilà, j'aperçois enfin le bout. Haut de la cuisse. Elle a également un débardeur, joli décolleté. Il met en valeurs ses seins qui, usés par les années, tombent.
Pour contraster avec ce blanc éblouissant, elle a noué autour de sa taille, un foulard léopard.
A ses pieds, des sandales à talons compensés, dorés.
Un bracelet à sa cheville, un bracelet et une montre à son bras gauche, et un bracelet-bague à son bras droit. Une bague à chaque doigt. Sauf le pouce - le pauvre. Un collier aussi.
Le tout en or. Ou en plaqué or. Ou en toc, je ne sais pas. Ce que je vois, c'est que ça brille. Etincelant au soleil. Une teinture blonde platine, pour cacher les nouveaux cheveux blancs. Malgré ces efforts, on aperçoit quand même ses racines, foncées.
Elle ponctue chacune de ses paroles d'amples mouvements des mains. Mains, bien sûr, parfaitement manucurées.
On peut se douter, au premier coup d'œil, qu'elle est adepte de l'auto-bronzant, du fond de teint et du fard à paupières.
Moins hautaine, elle aurait sans doute été jolie. Peut-être même qu'elle aurait été belle...
Si elle avait eu 16 ans.

Mais il y a pire.

Il y a cet homme, un peut plus loin. La quarantaine, un peu plus, sans doute. Cheveux blonds (teinture, pour changer), lunettes noires.

Il voulait ressembler à un surfeur ?
Ah.... bon.