De l'art de différencier la campagne et la ville.Voire d'employer ce terme si connoté de province.
Le rat des champs s'est installé en ville et ne veut plus la quitter.
Se mettre au vert de temps en temps ça fait du bien. C'est même presque salvateur. Les bienfaits en sont autant psychologiques que physiques. Parce qu'on aura beau dire tout ce qu'on veut sur la campagne, ceux qui y sont venus une fois y reviendront. Pourquoi ? Parce que c'est calme, ça permet de réfléchir, donc d'avancer. Parce que la vitesse et le stress ne permettent pas toujours d'être efficace. Cela permet aussi de prendre du recul, c'est donc essentiel. Se reposer pour repartir d'un meilleur pied. C'est aussi parce que c'est vert, c'est simple, c'est beau et ça sent bon. On prend son temps, on fait plein de choses inutiles, on discute avec les gens.
On a l'impression qu'il est possible de revenir en arrière. Comme si on pouvait recommencer, défaire et refaire les choses ratées.
Puis le corps nous en remercie : sommeil réparateur, disparition des cernes, peau qui respire, plus de pollution.
Mais alors, si c'est si bien, pourquoi préfère-t-on s'entasser dans du béton, sans espace, sans silence, sans nuit ? Je crois que c'est juste parce que nous aimons trop la compagnie de nos semblables. Nous voulons être "overbookés", stressés, dépassés. C'est une façon de se sentir utile au fond. Parce que rien n'est pire que l'ennui, il faut se sentir actif pour se sentir vivant.
Et de temps en temps, se mettre au vert, recharger les batteries.
Faire escale à la campagne rend sérénité et santé. S'y installer relève d'une autre philosophie.